Paris, le 12 décembre 2008
Le Mot du Président
AG FNB du 12 DECEMBRE
2008
REELECTION DE LAURENT DENORMANDIE

UN PRESIDENT POUR AFFONTER LE GROS TEMPS
J’ai fait un rêve
J’ai rêvé d’une conjoncture stable et d’une forte croissance
J’ai rêvé d’un marché porteur dans tous les domaines et
au développement de notre industrie.
J’ai rêvé qu’à la suite du Grenelle le pouvoir politique
avait vraiment choisi le bois. J’ai rêvé que Plan de mobilisation
en marche, des millions de m3 de bois sortaient des forêts. J’ai rêvé
d’être enfin écouté par l’Office National des Forêts
J’ai rêvé d’une contractualisation contrôlée et de
ventes de gré à gré maîtrisées et transparentes
J’ai rêvé à un développement du bois énergie
en harmonie avec le développement de nos entreprises J’ai rêvé
que le déménagement du FCBA n’était qu’un rêve.
Fin du rêve !
PAROLES:
Rappel de la profession de foi d’il ya six ans «Notre Syndicat est un
outil au service de la profession. Nous devons protéger notre métier
de base et être une véritable force de réflexion et de proposition
auprès des Pouvoirs publics et au sein de la filière. …
Il ne peut y avoir de véritable politique forestière pour l’ensemble
de notre filière sans tenir compte des conditions de viabilité
pour nos entreprises, indispensables à la mobilisation de la récolte.
»
Coup d’oeil sur le
rétro Qu’avons nous fait quand on regarde derrière nous ?
Nous avons:
Assumé une tempête
- Résorbé les stocks - Retrouvé les cours d’avant 1999.
Augmenté la production
de sciages résineux : (Sapin/épicéa et Douglas) de 1 million
de m3 en 5 ans et même 2 millions de m3 en 10 ans.
La consommation apparente
de sciages résineux a augmenté dans le même temps de près
de 3 millions de m3 en 10 ans soit une hausse de 37% (mais encore 3,6 millions
de m3 importés contre moins d’1 million de m3 exportés)
Fait parler du bois et
de la forêt, comme jamais (CNDB, FBF, Salon des Maires, TOTEM) : chemin
parcouru.
Investi dans nos entreprises
…
Amélioré
les conditions de travail dans nos entreprises (contrat de prévention)
La scierie française
investit
« Le dynamisme s’inscrit dans la durée. Conscient que le matériau
est par définition compatible avec la notion de gestion durable, le bois
est amené à gagner des parts de marché. Nos usines sont
et doivent rester flexibles, pouvant livrer juste à temps, des spécifications
précises : notion de service. Ce marché a de l’avenir en France,
ce marché tient mieux, même lors de retournements de conjoncture
quelle que soit la taille, quelle que soit l’essence, de nombreuses scieries
ont investi.
Reste sans doute à investir le marché, à se donner des
moyens, parfois collectivement, avec des équipes de commerciaux, de prospecter
encore et encore. »
La relation avec
l’ONF
« Solidaires dans l’interprofession, on peut néanmoins avoir des
intérêts divergents, voire même des oppositions. Bref, mener
des combats, sans pour autant être en guerre. »
« Que dire de l’ONF en matière de contractualisation, gré
à gré, bois abattus - régie, bois énergie, concurrence
? Tout a été dit. Rien ne change. Peu de nos remarques semblent
avoir été entendues par la direction de l’ONF, comme par les ministères
de tutelle.
J’affirme ici qu’il se cache derrière tout cela une véritable
stratégie que je ne partage pas, qui consiste à pousser la filière,
à l’obliger à se réformer, à passer en force. Alors
que faire ? Trouver un éclairage extérieur, faire entendre le
Droit, obtenir d’un médiateur pour inciter les uns et les autres à
nous écouter.
Alors, oui ce n’est pas un scoop, j’ai bien fait appel à un cabinet juridique.
Non pas pour faire du contentieux, mais simplement pour faire entendre le Droit,
pour connaître les limites au développement d’un EPIC et de sa
concurrence sur le marché.
Ai je tort d’essayer de défendre nos entreprises, ai je tort de mettre
en avant mes convictions ?
Mais comment faire pour d’un côté mener cette action juridique
et, dans le même temps, soutenir l’ONF dans sa réforme. Et bien
oui, on peut faire réellement les deux. Simple bon sens : distinguer
la forme du fond.
Car je vous l’affirme ici, le fond on y croit encore et très récemment,
j’ai aussi affirmé que la FNB est attachée à l’ONF et à
sa gestion de la forêt publique dans son ensemble, communes comprises.
»
La crise
Oui, nous sommes en crise. Mot trop fort ? Faut-il s’en cacher ?
Serions-nous épargnés alors que tant d’autres affichent budget
en retrait, licenciement massif, chômage technique. Faut-il ne pas voir
les derniers chiffres du Bâtiment et leurs conséquences à
moyen terme : 360.000 mises en chantier prévues pour 2008 contre 460.000
par an en régime de croisière ces dernières années.
En fait, c’est un choc. Arrêt de la demande, importance du phénomène,
brutalité et, surtout, aucune lisibilité. La demande s’efface
: Espagne … emballage … ce n’est pas une question de prix, le téléphone
ne sonne pas, les carnets de commandes se réduisent. Certains chiffres
d’affaires sont en baisse de 20 / 30 voire 50% depuis le mois d’octobre ! Avec
de tels chiffres, c’est intenable. Cela ne peut être que conjoncturel.
Personne ne peut envisager une année pleine avec une telle ampleur.
Côté entreprise, la difficulté est bien réelle, mais
tous sont concernés : scieurs, exploitants, entrepreneurs.
Désarroi du chef
d’entreprise, seul, en absence de commande et face à la baisse de son
chiffre d’affaires.
Solitude du chef d’entreprise,
obligé d’arbitrer entre salaires, charges à payer, entrepreneurs.
Impact des décisions
à prendre et de leurs conséquences à moyen terme.
La brutalité de cette crise demande quand même la mise en place
en urgence de certaines mesures :
- Demande de recours auprès de l’ONF. Proroger les coupes, reporter les
paiements
- Demande de mise en place du chômage partiel, conséquences pour
les salariés.
- Renégociation avec les banques de ses encours, des prêts liés
aux investissements antérieurs.
Demande de refinancement et d’aide à la trésorerie. Le risque existe qu’une fraction de ces entreprises disparaisse. Dans ce cas toute l’économie du secteur pourrait être remise en question. Que faut-il faire ? Par soi même, le bons sens dicte de réduire la production, de faire tourner les stocks. Que peut-on attendre de l’Etat ? : son soutien à la filière, son engagement auprès d’OSEO, la poursuite des objectifs fixés aux banques, la mise en place de mesures fiscales et sociales par des reports d’échéances. Que peut-on attendre de nos partenaires ? : prorogation gratuite des coupes en fin d’exploitation, report d’échéances de paiement le cas échéant Différer, voire modifier les contrats en cours. Des efforts doivent être accomplis pour accompagner les entreprises dans ces temps difficiles. Il faut tenir pour être en capacité de repartir le moment venu. La certitude existe, ce n’est que conjoncturel.
Structurellement le bois est le matériau de demain, la reprise sera forte. A court terme, il faut soutenir la consommation en bois et pratiquer un Marketing de l’urgence : Rénovation / Isolation Profiter de la parité Euro/Dollar favorable même si la crise est internationale et que la demande est faible pourtant.
Les réformes
Contre vents et marées les réformes structurelles nécessaires
tombent mal.
Quelques rappels pour notre seul secteur :
Le mot forêt n’existe
plus au Ministère de l’Agriculture. Pour notre bien, m’a confirmé
le Ministre. N’empêche ! …(adieu la DGFAR) Aujourd’hui nous sommes des
territoriaux. Heureusement il reste quelques fonctionnaires forestiers.
La volonté inébranlable de faire partir le FCBA en province
pour que le Ministère récupère le pâté de
maisons : exit Centre Technique, exit les professions. Soyons clairs, face à
tout cela, pas le moindre sou.
Poursuite de la réforme
de l’ONF, qui avait déjà fort à faire. Déménagement
à Compiègne, je n’y suis pour rien. Est ce vraiment le moment
? Où trouvera t-on l’argent, dans un budget 2009 très préoccupant
?
Vous le constaterez, tout cela arrive bien mal. Je dois même vous avouer
qu’avec un certain nombre d’administrateurs, ici présents, soit de l’ONF
soit du FCBA, nous parlons régulièrement en Conseil d’Administration
de déménagement, popote et réformes, au lieu de parler
stratégie, avenir, recherche et développement, conquête
de marchés. Tout cela me semble quand même bien improductif.
Les délais
de paiements
La Loi de Modernisation de l’Economie (LME) tend à réduire les délais de paiement. Objectif tout à fait pertinent, mesure unanimement appréciée, réduire les encours, mais qui arrive dans un calendrier catastrophique, dans une conjoncture dramatique pour nos trésoreries.
D’application immédiate, la loi nous a permis de signer en filière un accord collégial permettant d’ici 2012 à titre dérogatoire d(instaurer une progressivité annuelle de cette réduction. Comme tout accord il a fallu faire des concessions et chacun a dû écouter son client. La Fédération du BTP et le Négoce ont été pilote en étant très exigeants, et la FNB a mis un point d’honneur à rester autour de la table et à favoriser une solution finale, sur un texte de compromis, diligenté par le Ministre ce 9 décembre.
Pour revenir au bois, n’oublions pas qu’il convient d’aborder l’application à l’amont, car la loi s’applique aux bois abattus, nous sommes satisfaits d’avoir signé avec l’ONF une lettre d’intention pour établir un accord dérogatoire acceptable par tous, que nous allons proposer comme base de travail à la forêt privée dans son ensemble. Reste le cas du bois sur pied. Il peut paraître évident avec un peu de bon sens que la loi ne s’applique pas pour les bois sur pied. Pas si simple, et surtout non expertisé à ce jour. Ni le ministère du budget ni le ministère de l’agriculture n’ont identifié le risque d’une application de la loi sur les bois sur pied. Ai-je besoin de rappeler ici le particularisme des bois sur pied. A ce stade, j’affirme ici que les bois sur pied doivent rester hors champ : immeubles par nature, au regard du code forestier les bois ne sont en aucun cas disponibles le jour de la vente, mais bien après la réalisation de la coupe. Toucher aux modes du règlement des bois sur pied revient à faire éclater l’ensemble du système actuel qui tient compte des contraintes de la forêt, de la sylviculture, des usages et des hommes. Il est donc impératif que les tutelles puissent rapidement rendre leur verdict en tenant compte de nos recommandations.
Programme pour l’avenir
Une forte communication Filière, Gagner des parts de marchés, Respecter tous les acteurs, besoin de tous, Se recentrer sur le coeur de nos métiers sans vouloir à toute fin intégrer l’amont ou l’aval. Augmenter la recherche et l’innovation dans l’industrie et pour ce faire donner des moyens techniques, des moyens financiers au FCBA, Garder la confiance dans le matériau, S’approprier la gestion durable, Faire entrer le bois dans un cercle vertueux.
A quand des mesures incitatives, sérieuses, imposant un taux minimum de bois dans la construction ?
Il nous faudrait une véritable politique forestière ambitieuse, à la hauteur des enjeux du Grenelle, à la hauteur de notre filière qui, au global emploie plus de salariés que l’automobile, le sait-on dans les ministères ? Cette politique ne doit pas concerner le seul bois énergie, la seule biomasse, même si nous nous félicitons de la mise en place du fonds chaleur dans lequel la biomasse arrive largement en tête. Ce qu’il nous faut, c’est une utilisation massive du bois dans la construction et l’industrie. Qu’on ne s’y méprenne pas la reprise pour le bois sera forte et durable. La priorité du cours terme est de veiller qu’à ce rendez vous de croissance toutes les entreprises soient là et que personne n’ait été oublié au bord de la route.
Le Président,
Laurent DENORMANDIE
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