Palette bois

Palette bois

Une filière structurée

C’est aux États-Unis que la palette est née dans les années 1930. Durant la dernière guerre, le Gouvernement américain a favorisé le développement de son usage pour transporter et stocker de très grandes quantités de matériels. À la fin des années 1940, beaucoup de secteurs d’activité américains l’emploient pour demeurer performants. Après avoir été utilisée comme un moyen de manutention à l’intérieur des entreprises, elle est devenue, aux États-Unis et en Europe, un support de manutention à part entière.

En France, si quelques pionniers l’ont employée vers les années 1950, son utilisation est restée d’abord limitée au fret ferroviaire. Elle n’a été généralisée qu’au milieu des années 1960, pour atteindre son plein essor à partir de 1970 avec la montée en puissance du transport routier.

Le métier de reconditionneur de palettes est, quant à lui, beaucoup plus récent et n’émerge que dans les années 1975-1980. Cette activité s’est développée pour, d’une part répondre à une demande des utilisateurs de palettes qui souhaitaient se libérer des contraintes liées à la consignation, d’autre part pour intégrer les économies de matières premières suite au premier choc pétrolier.

L’interdépendance des métiers de la fabrication et du reconditionnement est très forte, et il existe un lien de dépendance de ces deux activités avec la scierie en amont ; en effet fabrication et reconditionnement emploient les planches, dés et chevrons réalisés par les scieries soit à titre de produits principaux (scieries intégrées), soit à titre de produits secondaires.

En l’espace de trente ans, la palette bois a connu un formidable développement en France (production multipliée par 6), grâce, entre autres, à une remarquable structuration de la filière de l’amont jusqu’à l’aval. Chacun a perçu que la palette bois, plus qu’un simple produit, constituait en fait un moyen efficace d’améliorer tant techniquement qu’économiquement le stockage et la distribution des marchandises.

Le cycle de vie d'une palette au sein d'une filière bien structurée

Cycle de vie d'une palette

Vidéo : Palette bois pour s'en faire une idée neuve (JT France 2 du 9 novembre 2015)


Des approvisionnements assurés et pérennisés

La France dispose de l’une des plus grandes forêts européennes avec 16 millions d’hectares. Depuis 1850, la forêt française a doublé en surface. Elle couvre 28 % du territoire métropolitain et compte plus de 100 essences différentes. À ce jour, les forêts françaises ne sont exploitées qu’à 60 % de leur capacité.

Cette forêt de production raisonnée, doit s’appuyer pour les années à venir sur une politique active de reboisement, basée sur la plantation essentiellement d’essences résineuses, plus particulièrement. L’intensification des actions de reboisement procurera les ressources indispensables à l’aval de la filière.

Les bois utilisés pour produire les sciages employés dans la fabrication de palettes proviennent principalement d’éclaircies dont la réalisation conditionne le développement des peuplements forestiers et la production de gros bois à haute valeur. La valorisation dans la production de palettes des bois moyens et des surbilles, ou partie médiane des troncs récoltés en éclaircie, est de ce fait essentielle pour l’économie de la sylviculture, et en particulier celle des conifères.

 Des chiffres de production éloquents

En France, la part de marché de la palette bois est de l’ordre de 95 %, les 5 % restant étant occupés par les palettes plastique, métal, carton et bois moulé.

 Pour en savoir plus : voir l'étude I+C publiée par France Bois Forêt

Des palettes fiables et normalisées

Les échanges commerciaux doivent être réalisés sur des supports de manutention présentant un maximum de garanties et leur accroissement à l’échelle de la planète incite tout naturellement les industriels à disposer de palettes qui répondent à des normes, des référentiels, des cahiers des charges ou à des références réglementaires précises. Les fabricants, reconditionneurs et loueurs de palettes appliquent ces normes de façon rigoureuse, chaque fois que nécessaire, prouvant ainsi leur utilité résultant de leur principe consensuel et de leur contenu sérieux.

Toutes les palettes sont potentiellement réutilisables ou ré-employables. Produites annuellement à plusieurs milliards d’unités de par le monde et, contrairement à d’autres matériaux concurrents, la palette bois est présente majoritairement dans tous les secteurs d’activité industrielle : agro-alimentaire, mécanique, chimie, BTP,  pharmacie, automobile, grande distribution etc.., pour satisfaire les besoins variés des utilisateurs. En France, les fabricants réalisent différents types de palettes normalisées, standardisées ou sur mesure, neuves ou reconditionnées.

Dans tous les cas, pour de la palette neuve ou reconditionnée, il est recommandé de s’adresser à des professionnels agréés, capables de garantir une fabrication ou un reconditionnement d’une réelle qualité sur la base d’un cahier des charges précis. Les fabricants de palettes disposent des compétences et des outils (informatiques) pour étudier et concevoir des palettes répondant à tous les besoins en toute sécurité, et ce dans une démarche d’éco-conception. 
Pour en savoir plus : consulter la plaquette "la palette enfonce le clou"

 

Des métiers aux savoir-faire complémentaires et compétences multiples

 
 Les fabricants de palettes

Le fabricant de palettes s’approvisionne en sciages qui constituent sa matière première, soit auprès des scieries produisant des débits à palettes, soit à partir d’une unité de sciage intégrée. La qualité des sciages définie correspond à des caractéristiques formalisées dans les cahiers des charges contractualisés avec le client, ou à des normes existantes.

La fabrication comprend des opérations successives de :

  • mise à longueur des débits ;
  • usinage (chanfreins, coupes d’angles…) ;
  • assemblage ;
  • marquage (relatifs à des standards, aux exigences phytosanitaires,environnementales, et encore à l'identification et à la traçabilité des palettes) ;
  • traitement thermique NIMP15 et/ou séchage artificiel.

  Les reconditionneurs de palettes

L’activité de reconditionneur de palettes recouvre un certain nombre d’opérations :

  • collecte et réception des palettes ;
    tri des lots de palettes par dimensions, types et qualités ; puis affectation des palettes triées à l’une des trois catégories : réemploi en l’état, réutilisables après réparation, broyage des palettes inaptes pour valorisation matière ou énergétique défectueux,
    réparation : remplacement par des éléments sains ;
  • traitement thermique NIMP15 et/ou séchage artificiel.

 Les loueurs de palettes

Le loueur dispose d’un parc propre de palettes qu’il met à la disposition de l’industriel. Ce dernier expédie à son client ses produits palettisés, en informant la société de location du point de livraison finale. Le loueur se charge alors de récupérer et de reconditionner les palettes en les réparant si besoin, pour les remettre ensuite en circulation auprès d’autres clients. Les loueurs de palettes sont propriétaires du parc qu’ils mettent à disposition des entreprises avec qui ils contractualisent. Ils facturent une prestation de location-gestion et organisent une collecte aux points de livraison de leurs clients-locataires.

 La relocalisation de palettes

En solutions alternatives, de façon complémentaire aux services proposés par les loueurs, d’autres modes de gestion des palettes existent. En effet, certains acteurs de la fabrication et du reconditionnement proposent des solutions de gestion de flux, avec système d’échange et de relocalisation virtuelle permettant d’éviter le transfert physique de palettes vides. Ces prestations, qui sont proposées quelles que soient les quantités de palettes et les lieux de mise à disposition, peuvent porter sur des palettes neuves ou reconditionnées.

 

 

Les palettes bois au coeur du developpement durable

 

La palette bois est au cœur même de la dynamique de l’économie circulaire et entend faire valoir cette position au sein de la filière bois. À noter que la FEFPEB (Fédération Européenne de Fabricants de Palettes et Emballages Bois) a souligné, lors de son congrès mondial à Cork en octobre 2015, l’importance majeure de ce sujet pour l’ensemble des acteurs européens de la palette.

 

 Quelques éléments marquants de l’implication de la palette bois et de ses acteurs dans l’économie circulaire :

  • La palette en bois est constituée à près de 99% de bois : le bois est un matériau indéfiniment renouvelable et disponible, à l’inverse des matériaux d’extraction et de leurs dérivés. Depuis 1850, la surface des forêts françaises a doublé et couvre plus du quart de notre territoire.  La valorisation dans la production de palettes des bois moyens et des surbilles, ou partie médiane des troncs récoltés en éclaircie, est de ce fait essentielle pour l’économie de la sylviculture, et en particulier celle des conifères.

  • Contrairement à l’idée reçue selon laquelle utiliser le bois contribue à la destruction de la forêt, le développement de l’utilisation du bois au travers de la production de palettes permet donc de préserver et de développer durablement les surfaces forestières. Du fait des réglementations liés à l’environnement qui obligent à une gestion raisonnée des forêts, l’utilisation de bois certifié PEFC ou FSC est une garantie supplémentaire que le bois prélevé dans les forêts a fait l’objet d’un renouvellement contrôlé.

 À plus de 90 %, les sciages utilisés dans la fabrication des palettes sont de provenance française ce qui a pour avantages :

  • De limiter l’impact écologique dû aux voyages de sciages ou de palettes d’importation,
  • D’assurer une réelle traçabilité de la provenance,
  • De soutenir la croissance et l’emploi en zones rurales,
  • D’agir dans la réduction du chômage en favorisant les savoir-faire français.

 

  •   Les fabricants, en fonction de la nature des besoins exprimés, optimisent la structure et le dimensionnement des palettes, notamment en termes de volumes de bois. En ce sens, ils respectent la directive européenne 94/62/CE, relative aux emballages et aux déchets d’emballages, transposée en droit national par le décret n°98-638 du 20/07/1998 relatif aux exigences liées à l'environnement (exigences sur la fabrication et la composition de la palette, sur sa réutilisation et sa fin de vie).
  • La palette bois présente la spécificité d’être facilement réparable ; les éléments détériorés ou cassés sont démontés et remplacés sans contrainte particulière par de nouveaux éléments sains (dés, planches…). Les réparations sont effectuées dans le respect des référentiels, cahiers des charges et normes existantes : EPAL-EUR, VMF, NF EN ISO 18613, CP… ; les palettes sont réparées par des personnels qualifiés, des opérateurs formés et impliqués qui effectuent des contrôles qualité internes.

  • Chaque mètre cube de bois absorbe une tonne de CO2. La mise en œuvre du bois dans les palettes permet donc, durant toute leur vie,  de stocker du carbone. À un stockage de plusieurs dizaines d’années en forêt (selon la durée de vie moyenne de l’arbre), on ajoute donc un stockage de plusieurs années (8 ans pour une palette multi-rotations).

  • L’empreinte environnementale de la palette bois est bien négative sur l’ensemble de son cycle de vie. En effet, le pouvoir de séquestration de carbone du bois, d’une part, et la valorisation énergétique des déchets de reconditionnement ainsi que de la palette en fin de vie, d’autre part, non seulement compensent les émissions de gaz à effet de serre (GES) que cette palette génère mais, en plus, les dépassent. Sur une durée d’utilisation de 8 ans, c’est une économie de 15 kg eq.CO2 par palette qui est réalisée.